Témoignage d’une marraine
23 juillet 2006 | Témoignages | Fin des commentairesJulienne vit en Belgique depuis plus de trente ans. De ses dix frères et sœurs qu’elle a laissé à Kinshasa, l’un est mort, laissant onze orphelins que leurs oncles et tantes recueillent tant bien que mal, réclamant qu’elle envoie de son « Eldorado » européen de l’argent pour les scolariser.
De son maigre salaire d’infirmière, elle envoie ce qu’elle peut, mais n’obtient jamais de nouvelles rassurantes des enfants du défunt : on les dits mêmes sorciers. Au contraire, il lui revient que son argent fait l’affaire de ses frères et sœurs bien vivants, qui lui en réclament toujours plus.
A bout de ressources, elle était sur le point de laisser tomber les bras, quand elle rencontre Oser la Vie lors du concert de Basse-Wavre (11 nov. 2005) : on en a parlé à la télé et elle veut rencontrer la responsable.
Sans enquête ni formalités, Ahindo lui fait confiance et élabore une solution : Oser la Vie va prendre en charge les enfants que Julienne croit pouvoir assumer : on paiera leur minerval scolaire, l’uniforme et les souliers, le cartable et les cahiers, ainsi que leurs frais médicaux. Julienne remboursera OLV à son rythme, comme elle pourra : actuellement 50 euros par mois.
Mais avec Oser la vie, pas question de détourner l’argent de son but : c’est directement pour les cinq enfants que Julienne a décidé d’aider. Celle-ci, apaisée, remercie la Providence de lui avoir fait connaître Oser la vie.
Retrouvailles avec Octave
2 février 2006 | Témoignages | Fin des commentairesN.B. “Octave” est un nom d’emprunt, par respect pour la vie privée de cet enfant.
Retrouver cet enfant est un véritable miracle pour moi. Je n’y croyais plus du tout, j’étais épuisée et fauchée. C’était la fin de mon séjour.
J’avais l’esprit ici et là-bas, le cœur animé d’une foule de sentiments : tantôt l’incompréhension face au visage inhumain que porte le Congo vis-à-vis des enfants des rues, tantôt le cœur réchauffé par les actions menées ça et là par les associations locales, tantôt dégoûtée d’avance par le luxe et le confort qui m’attendaient à huit heures de vol de là, tantôt triste de laisser ma mère et ma famille, tantôt toute minuscule devant les listes des orphelins de l’école Bambou, toutefois heureuse de retrouver mon mari, notre grande fille, mes amis et puis tous les membres de Oser la vie qui ont accompagné mon séjour dans leurs pensées….
C’est à ce moment là que tout s’est emballé ; un coup de fil, un rendez-vous, visite des centres ouverts, ces lieux où la misère te lance un défi en pleine figure, découverte d’une autre facette de la vie des gosses des rues, suspens, long moment d’attente, marche épuisante et interminable sous le soleil, négociation.
Et puis j’entends retentir dans mes oreilles : Madame, je vous présente Octave ! Ma gorge se serre, je retiens mes larmes, le gosse était littéralement fatigué, il était occupé à faire la vaisselle à même le sol, accroupi, il lève son doux regard et me fixe droit dans les yeux. Ne sachant quoi lui dire, je lâche : bonjour ! Je suis Mithé, je te cherchais, ça fait 3 semaines que je te cherche. Il ne dit rien et reste imperturbable.
